C’était une nuit douce de septembre. Après une longue journée de travail, j’avais décidé de me promener dans le parc municipal près de chez moi. En journée, il était toujours plein de vie, mais à cette heure tardive, il était désert. Seuls quelques lampadaires éclairaient les allées, projetant des ombres étranges sur le sol.
Je marchais tranquillement quand j’ai ressenti une impression bizarre, comme si quelqu’un me regardait. Je me suis arrêté pour observer autour de moi, mais il n’y avait que les arbres silencieux et les bancs vides. J’ai repris ma marche, essayant d’ignorer cette sensation, mais j’ai entendu un bruissement derrière moi. Mon cœur s’est mis à battre plus vite. Je me suis retourné brusquement. Rien. Juste le vent dans les feuilles.
Je suis arrivé près d’une rangée de bancs de parc et j’ai voulu m’asseoir pour souffler un peu. C’est à ce moment-là que j’ai entendu un autre bruit, cette fois plus clair : un sanglot étouffé. Comme si quelqu’un pleurait doucement, juste à côté de moi. Mon sang s’est glacé.
J’ai levé les yeux et, dans l’ombre d’un banc, j’ai distingué une silhouette. Une femme, immobile, la tête légèrement baissée. J’ai ouvert la bouche pour parler, mais aucun son ne sortait. J’étais paralysé, incapable de bouger ou de crier. Après quelques secondes, j’ai enfin pu lui demander si tout allait bien, mais elle n’a pas bougé.
Un frisson glacé m’a parcouru et, dans un mélange de peur et d’espoir, j’ai instinctivement cherché du regard quelqu’un, n’importe qui, qui aurait pu voir la même chose que moi. Y avait-il un autre promeneur dans le parc ? Un témoin qui confirmerait que je ne devenais pas fou ? Mais tout autour, il n’y avait que le silence pesant et les allées désertes. Les lampadaires projetaient des ombres immobiles, et le vent s’était arrêté comme si l’air lui-même retenait son souffle. Chaque banc, chaque coin sombre me paraissait suspect. J’aurais donné n’importe quoi pour entendre une voix humaine, un signe de vie. Mais j’étais seul. Complètement seul.
Un frisson m’a parcouru l’échine. J’ai balayé les alentours du regard, espérant la revoir, mais il n’y avait que l’obscurité et le murmure du vent. L’air semblait plus lourd, chargé d’une présence invisible. Je n’osais plus bouger, comme si quelque chose me retenait sur place. Mon souffle était court, mon cœur battait à tout rompre.
Pris d’une angoisse soudaine, je me suis levé et j’ai pris le chemin du retour. Chaque bruit me paraissait plus fort, chaque ombre plus menaçante. Une fois chez moi, j’étais incapable de trouver le sommeil.
Avais-je rêvé ? Ou bien quelqu’un était-il vraiment là ?
Depuis cette nuit, je n’ai plus jamais osé retourner dans ce parc après la tombée du jour.
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